Pourquoi certaines personnes critiquent le bambou ?

Julie Dupuis-Riendeau

Pourquoi certaines personnes critiquent le bambou ?

Depuis 2019, une notice a été émise par le gouvernement canadien concernant l'utilisation du bambou dans l'industrie textile, soulignant qu'il n'est pas si "vert" qu'il n'en paraît.

 

Voici donc les raisons : l'étiquetage, la transformation, la surproduction

 

L’étiquetage

D’abord, il est vrai que l’appellation « bambou » est mal employée sur l’étiquette de beaucoup d’entreprises. En fait, on tente de faire passer pour la fibre de bambou ce qui est en fait de la viscose (ou de la rayonne). Vérifiez l'étiquette de votre article préféré en « bambou ». Vous avez alors probablement payé une petite fortune pour vous le procurer. Si ce n’est pas le cas, vous devez vous poser des questions.

 

Vous pouvez déposer une plainte du Bureau de la Concurrence au Canada si vous croyez qu’une entreprise utilise à tort l’appellation « bambou ». Ce bureau se chargera d’effectuer les vérifications nécessaires.

 

La forte demande dans l’industrie de la mode

Le bambou a été présenté il y a quelques années comme une solution écologique de remplacement par rapport au polyester (fabriqué à base de pétrole) ou au coton (qui était déjà critiqué en raison de sa culture), qui étaient largement utilisés dans l’industrie de la mode à ce moment (il l’est malheureusement encore aujourd’hui). Le bambou est un arbre qui pousse à une vitesse impressionnante, même envahissante. On se retrouve donc avec une matière première non seulement renouvelable mais facilement renouvelable, contrairement au pétrole, utilisé pour fabriquer le polyester. Qui peut critiquer cela ?

Le problème est survenu lorsque tant de gens ont trouvé l’idée bonne que l’industrie a dû s’adapter et produire en quantité. Sa grande utilisation soudaine a forcé l’industrie à surproduire  (les besoins en matière première dépassant la capacité de notre planète à nous en fournir dans un écosystème équilibré). On a donc recours à la monoculture et à la déforestation pour répondre au besoin d’approvisionnement. Ce fait est vrai pour tous les types de culture en demande.

 

La transformation du bois en fil

Au niveau de la transformation, la majorité des fibres de bois doivent passer par l’état d’une pâte pour pouvoir en faire un fil. Le procédé habituellement utilisé pour la transformation du bambou en viscose comporte l’utilisation de produits chimiques à ce moment de la chaine de production. Souhaitons que ce procédé puisse être amélioré dans le futur par les fabricants de fils de bambou, afin d’améliorer la qualité écologique du produit.

 

 

 Faut-il l’enrayer dans le domaine des produits lavables ?

Non, assurément pas, ce serait une grave erreur à court terme !

 

Au regard de ces deux critiques (surproduction et transformation), il nous apparaît évident que l’homme doive réduire l’utilisation de la viscose de bambou à ce qui est essentiel afin de ramener la culture en harmonie avec ce que la Terre peut nous fournir.

 

Le bambou dans l’industrie de la mode, ce n’est pas essentiel. Nous pouvons trouver facilement des alternatives plus vertes et rien n’y paraîtra.

 

Cependant, en ce qui concerne le monde des couches lavables, le bambou demeure un textile de choix, comme il permet à son utilisateur une expérience positive (entretien facile, sans débordement) et donc de convaincre plus de familles de délaisser la couche jetable et ce, sans avoir recours au polyester (microfibre), si néfaste pour l’environnement.

Pour ces raison, à l'heure actuelle, sans la viscose de bambou, la trace écologique mondiale augmentera.

 

Texte écrit par Julie, propriétaire chez Arigalie et responsable de la recherche et développement de produits, depuis 2017 

 

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