Trace écologique et tissus alternatifs.... des pistes pour l'avenir

Julie Dupuis-Riendeau

Trace écologique et tissus alternatifs.... des pistes pour l'avenir

 

La viscose de bambou est-elle remplaçable à court terme ?

D'autres textiles sont déjà utilisés dans le domaine et peuvent représenter des solutions de rechange temporaires ou à petite échelle, pour l'instant. On parle principalement du chanvre et du Lyocell à l'heure actuelle.

Si certains utilisent le polyester/microfibre/Zorb, il s'agit pour nous d'un non-sens. Nous vous en parlerons plus loin dans le présent article.

 

 

Est-ce que le chanvre et le lyocell sont des options viables ?

 Nous ne disons pas « non » à ces fibres, bien au contraire !

 

 

Nous avons d’ailleurs été les premiers à utiliser le Lyocell dans nos produits (couche plate Florence, appréciée pour sa texture de nuage) et le chanvre fait partie de l’alliage de fibres de la très appréciée couche plate Magalie, que nous recommandons pour sa grande rétention des liquides.

En ce qui concerne nos inserts, que nous produisons en grande quantité, le chanvre fait partie de nos analyses régulières depuis notre ouverture en 2017 et le lyocell depuis 2019 (il s'agit d'un textile encore très jeune). Ils demeurent encore aujourd'hui dans notre mire pour notre production future.

 

 Toutefois, il n’est pas encore pour nous une évidence que le chanvre et le lyocell soient actuellement notre "choix numéro un" pour nos inserts.

 

Ces alternatives textiles ne sont pas encore mûres pour prendre le relais au niveau mondial, ni même au pays…. ni même dans notre province (trop peu, trop cher). Nous nous retrouverions rapidement en manque de matière première. 

Nous surveillons leur évolution dans l’industrie du textile et espérons qu’à moyen ou long terme, ils représenteront des solutions durables pour le monde des couches lavables.

 

La transformation locale du chanvre tarde à se faire (elle est présentement davantage développée dans le domaine de la construction) et la transformation de la fibre de bois en Lyocell est assez jeune.

 

L’industrie s’adapte lentement pour suffire à la demande tout en conservant un procédé de transformation respectueux de l’environnement, ce qui représente un défi colossal.

 

L’accessibilité

Le tissage du chanvre n’est pas effectué localement. Les tissus à base de chanvre doivent donc être importés. Le transport du tissu fini est très polluant, coûte cher, occasionne des retards et il est impossible pour nous de valider le travail fait en usine ni même d’adapter le tissage à notre production. Son accessibilité étant limitée, le prix et l’approvisionnement deviennent rapidement un problème

Nous avons fait tester le tissage du chanvre localement. Tisser le chanvre, qui est une fibre dure et rêche, occasionne des bris de matériel sur la machinerie déjà en place. Le prix des fils est également très élevé. Les fournisseurs sont donc réticents en raison de l’approvisionnement et du risque de bris des machines actuellement utilisées ici. Son exploitation nécessiterait l’achat de nouvelle machinerie, ce qui représente un investissement trop onéreux pour le marché actuel canadien. Plus la demande augmentera, plus cet achat sera justifié chez les fabricants locaux. 

 

 En nous limitant aux textiles pouvant être tissés au Québec, nous avons l'occasion de visiter l’usine de fabrication régulièrement et pouvons développer des produits uniques, performants et adaptés à nos besoins (et aux vôtres par le fait-même) en collaboration étroite avec l'usine de tissage.

 

Pour ce qui est du Lyocell, les usines qui l'utilisent se font encore rares. Celui que nous utilisons actuellement est importé. Nous tentons de le faire produire localement. À suivre...

 

La performance

Le chanvre est une fibre très performante au niveau de l'absorption, mais durcit et devient de plus en plus rêche au fil des lavages, ce qui convainc moins les familles de passer au lavable.

Le Lyocell n’a pas encore démontré sa performance au niveau de la rapidité d’absorption et de la rétention, et cela demeure un énorme problème pour le produit que nous vendons. Cette fibre encore trop jeune doit être investiguée davantage avant de tirer quelque conclusion qu'il soit. Les textiles actuellement disponibles sur le marché ne répondent pas aux standards de performance de notre entreprise. 

En effet, chez Arigalie, notre mission est de prévenir et régler des problèmes d’absorption pour nos clients. Fournir des produits de la plus haute performance est une priorité. Réduire la performance est un non-sens et entrainerait une diminution de l’utilisation des produits lavables chez de nombreuses familles.

Dès que nous réussissons à créer un produit hautement performant et écologique, vous le retrouvez dans notre éventail offert !

 

Le prix

Le monde actuel traverse une épreuve économique mondiale importante. Le changement, qui demande des investissements monumentaux, se fait donc à vitesse réduite. Nous ne prévoyons pas de diminution des coûts de production du chanvre et du Lyocell à court terme.

 

Chez Arigalie, nous disons toutefois "non" au polyester, à la microfibre et au Zorb

Le polyester, la microfibre et le Zorb sont des textiles qui laissent des microéléments dans l'eau à chaque lavage. Ces microéléments, issus de l’industrie du pétrole (matière non renouvelable), passent les filtres des centres d'épuration et se retrouvent donc dans l'océan.

Il est d’une évidence pour nous de l’éviter, car d’autres solutions peuvent facilement la remplacer, sont disponibles en grandes quantités, relativement abordables et tissées localement.

 

Recherche de nouvelle fibre

Notre équipe tente actuellement de développer un alliage de fibres en collaboration avec notre tisseur local afin de trouver une combinaison qui pourrait être assez performante pour nos inserts tout en utilisant le Lyocell, une fibre encore jeune mais très prometteuse sur le plan écologique. Cette avancée pourrait alors permettre un produit non seulement vert au niveau de sa transformation mais également tissé localement, une première au Québec. 

 

Le Lyocell... à surveiller !

Les scientifiques s’entendent pour dire que le processus de fabrication du Lyocell a un impact moins grand sur l’environnement que celui du bambou.

Ils rappellent toutefois que tout procédé très écologique à l'origine tend à l’être de moins en moins à mesure que les besoins en approvisionnement augmentent.

En effet, comme la matière première (l’eucalyptus, majoritairement exploité en Afrique du Sud dans le cas du Lyocell) vient à manquer, on plante de plus en plus de forêts en monoculture, ce qui a un impact néfaste au niveau du développement des maladies, de la déforestation, sur l'équilibre de l'écosystème planétaire.

 

 

La trace écologique d’un produit ne se réduit pas qu’à son procédé de transformation de la matière première.

 

Elle se mesure à chaque étape, commence dès sa culture, se poursuit au niveau des multiples transports nécessaires entre les différentes étapes de transformation jusqu’à l’utilisation dans votre foyer. 

 

Donc oui, le lyocell est une avenue verte dans son procédé de transformation et pour l’instant. Voilà pourquoi il faut constamment être à l’affût des changements dans l'industrie, des nouvelles techniques mais également de l'amélioration des anciennes, car des procédés à priori "verts" causent souvent des problèmes ailleurs sans qu'on s'en préoccupe. Rester informé demeure donc la solution.

 

Attention aux produits "miracles trop verts"... à l'impact minime

Nombreux sommes-nous à vouloir réduire la trace écologique laissée par notre famille. Et nous voulons ce qui est le plus écolo possible. Il faut encore une fois rester nuancé par rapport à l'offre que l'on trouve dans les magasins locaux.

Plus les étapes de fabrication sont effectuées localement dans le processus entier, plus la trace du produit est verte et contrôlable, mais plus son prix augmente et son accessibilité diminue (main d’œuvre réduite et coûteuse au Canada) et donc moins son impact écologique est grand au niveau de la société (trace très verte chez un nombre trop restreint de personnes). Au final, on y gagne ? Je vous laisse en juger…

 

 Conclusion: Au final, quelle est la solution ?

C'est simple: la variété. 

 

Il n'existe pas une mais plusieurs solutions valables. Chaque famille doit pouvoir trouver sur les tablettes des solutions à sa mesure, dans le respect de son portefeuille. C'est ainsi que nous pourrons assurer un impact de masse.

 

C'est pourquoi chez Arigalie, vous trouvez différents textiles, différentes options, toujours dans l'optique que chacun puisse y trouver ce qu'il cherche.

 

 

Les textiles présentement disponibles sur le marché ne répondent pas aux standards élevés que nous nous fixons au niveau de la performance de nos produits. Nous préférons donc créer les nôtres.

Si certaines entreprises sortent régulièrement de nouveaux produits... ceux d'Arigalie prennent du temps à naître, parce qu'ils sont étudiés, testés, améliorés avant leur sortie. Quand vous les achetez, vous savez qu'ils fonctionnent.


Toutefois, il faut être patient... 

Chaque essai/ajustement requiert une production de centaines de mètres afin de respecter les minimum exigés par les industries textiles. Cela représente chaque fois des coûts élevés et prend plusieurs semaines avant d'arriver à notre atelier.

Le développement a donc son coût... mais nous croyons qu'il en vaut tellement la peine, au nom de notre planète, de notre santé à tous.

 

Texte écrit par Julie Dupuis-Riendeau, propriétaire chez Arigalie et responsable de la recherche et développement de produits, depuis 2017

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